Création chorégraphique dans et sur la prison
Conférence menée par Claire Jenny sur cette expérience
La danse, un fabuleux outil de reconquête du corps mortifié

 

Conférence dansée – extraits vidéo – Durée, environ 1h30
En introduction, Claire Jenny, présente la démarche fondamentale de la compagnie et elle aborde la place spécifique au sein de son parcours artistique des divers projets de création qu’elle a réalisés en détention (en France et au Québec)
. Elle expose les concepts les deux pièces professionnelles qu’elle a créées en écho à ses expériences de création en milieu carcéral : Résilience (création 2001) et Cheminement (création 2005).

Je trouve que votre idée est passionnante et j’aimerais beaucoup voir ce que vous en avez fait. Réaliser une chorégraphie sur la résilience et le dire et le faire avec des détenues, c’est exactement participer à ce processus de résilience. Merci d’y avoir pensé. Je vous souhaite beaucoup de succès. Très cordialement.
Boris Cyrulnik à propos du projet de création de Résilience

Ensuite, Claire Jenny expose les différentes matières artistiques qu’elle a développées au fur et à mesure de son parcours de création avec les personnes incarcérées et l’équipe des artistes professionnels de la Cie Point Virgule. À l'appui de différents extraits vidéo de son travail, elle développe comment l’individu, son corps dans l’expérience de la danse, expérimente pour continuer à devenir. Elle aborde alors le travail d’exploration :
- des appuis (de la relation du corps avec le sol, comme un partenaire, de l’ancrage corporel),
- de la perception/construction de l’axe vertical (des jeux de l’équilibre/déséquilibre),
- des sensations de repos, d’apaisement et de projection, de suspension, voire d’envol,
- des relations de contact avec « l’autre » danseur (relations de peau, de poids et de portés).

Un travail sur l'enfermement de soi, en soi, et sur la capacité à se projeter dehors, vers les autres et vers l'avenir, malgré tout. La nécessité d'une dépense physique puis le désir de s'approprier l'espace prennent élan. Travail sur l'équilibre – « rester posée calmement sur deux pieds était pour certaines impossible » -, sur l'ouverture du torse, sur le regard projeté en avant, sur la pesanteur. Peu à peu, chacune inscrit son empreinte. Les femmes, âgées de 20 à 50 ans environ, entrent dans ce langage du corps à corps, renouant parfois avec une féminité, un ancrage. En prison, il est interdit de marcher pieds nus, de se coucher à même le sol, difficile d'avoir un contact tactile avec une autre détenue plus de quelques secondes. Viviane Chocas, le Monde (juin 2003)

En conclusion, Claire Jenny évoque les différents projets en cours de la Cie Point Virgule et leurs liens avec cette expérience singulière. Discussion, durée environ 1h00 supplémentaire